L’essentiel

« Eco GPT » désigne trois choses différentes. D’abord EcoGPT, une application de chat IA américaine qui finance la plantation d’un arbre pour 100 messages. Ensuite toute une famille d’assistants dits « verts » (EcoChat, ChatGPTree, GreenPT, Viro, Ecosia AI Chat). Enfin, derrière la requête, la vraie question : combien coûte à la planète une conversation avec une IA ? Réponse courte : bien moins qu’on ne le lit partout, mais personne ne mesure la même chose. Cet article donne les chiffres publiés, leurs écarts, un simulateur pour situer votre propre usage, et les gestes qui réduisent réellement l’empreinte plutôt que de la compenser.

Vous avez croisé une publicité pour une IA qui plante des arbres pendant que vous discutez, ou vous vous demandez simplement si utiliser un chatbot tous les jours pèse sur votre bilan carbone. Les deux questions se rejoignent sous la même requête : eco gpt. Le problème, c’est que les réponses disponibles se répartissent entre deux camps également peu utiles. D’un côté les pages promotionnelles des services concernés. De l’autre des commentaires furieux qui crient à l’arnaque. Entre les deux, presque rien en français.

Cet article prend le sujet dans l’ordre : ce qu’est EcoGPT, ce qu’il fait vraiment, ce qu’il coûte, ce que valent ses concurrents, puis les chiffres réels de l’empreinte d’une requête IA en 2026, avec leurs sources et surtout leurs désaccords. Vous repartirez avec une idée chiffrée de votre propre usage et une liste de gestes qui ont un effet mesurable.

Eco GPT, c’est quoi exactement

La requête « eco gpt » recouvre trois réalités qu’il vaut mieux séparer tout de suite, parce qu’elles n’appellent pas les mêmes réponses.

Illustration line art des trois sens de eco gpt : une fenetre de chat avec un arbre, une prise electrique avec une feuille, et une loupe posee sur un bouclier de verification
Trois usages, un seul mot-clé : l’application EcoGPT, la catégorie des IA dites vertes, et la question de fond sur la consommation.

1. EcoGPT, l’application qui plante des arbres

C’est le sens dominant. EcoGPT est un assistant conversationnel accessible sur le web (ecogpt.com) et sous forme d’applications iOS et Android. Il est édité par EcoGPT, Inc., une société américaine constituée en Public Benefit Company, une forme juridique qui inscrit une mission d’intérêt général dans les statuts. Son argument de vente tient en une phrase : chaque tranche de 100 messages finance la plantation d’un arbre vérifié.

Capture d ecran de l interface web d EcoGPT avec son champ de saisie et son icone d arbre
L’interface web d’EcoGPT. Capture ecogpt.com, juillet 2026.

Sur la boutique française, l’application est référencée sous le nom « EcoGPT, IA régénérative », dans la catégorie Productivité, avec une note de 4,8 sur 5. Elle est disponible en français parmi une quarantaine de langues.


« IA régénérative », le terme à décoder

L’expression n’a aucune définition normalisée. Elle signifie ici que le service reverse une part de ses revenus à des programmes de reforestation. Elle ne dit rien de la consommation de l’IA elle-même. Une IA « régénérative » consomme exactement autant d’électricité qu’une IA ordinaire équivalente : ce qui change, c’est ce que l’éditeur fait de votre argent ensuite.

2. « eco GPT », l’étiquette d’une catégorie entière

Beaucoup de gens tapent « eco gpt » sans viser cette marque : ils cherchent une IA moins polluante, quelle qu’elle soit. La catégorie existe et compte plusieurs acteurs, que nous comparons plus bas : EcoChat, ChatGPTree, GreenPT, Viro, ou encore le chat IA du moteur de recherche Ecosia. Ils se répartissent en deux familles bien distinctes, et cette distinction est la clé du sujet : ceux qui compensent après coup, et ceux qui cherchent à consommer moins à la source.

3. Ce que « eco GPT » n’est pas

  • Ce n’est pas un produit OpenAI. Malgré les trois lettres, EcoGPT n’a aucun lien avec l’éditeur de ChatGPT. Le sigle GPT est devenu un mot commun du langage courant, repris par des dizaines de services sans rapport entre eux, comme nous l’avions vu pour Music GPT.
  • Ce n’est pas un modèle de langage. EcoGPT n’entraîne pas d’IA : il s’appuie sur des modèles ouverts existants.
  • Ce n’est pas non plus une colle à carrelage. La recherche fait remonter des fiches produit pour l’adhésif Ultrabond ECO GPT du fabricant Mapei. Homonymie pure, aucun rapport.

Comment fonctionne EcoGPT

Techniquement, EcoGPT est ce qu’on appelle une surcouche : une interface de chat posée sur des modèles de langage qu’il n’a pas créés. L’éditeur revendique des modèles ouverts (familles Llama, Mistral, Qwen, DeepSeek) exécutés sur une infrastructure choisie pour son efficacité énergétique.

Trois leviers techniques sont mis en avant sur son site :

  • Une architecture dite « mixture of experts », qui n’active qu’une fraction des paramètres du modèle à chaque réponse au lieu de le faire tourner entièrement. EcoGPT annonce « 10 fois moins de paramètres actifs » qu’un grand modèle classique.
  • Un cache agressif : l’éditeur affirme servir plus de 30 % des entrées quotidiennes depuis un cache, donc sans recalculer la réponse.
  • Des serveurs alimentés en électricité renouvelable.

Ces trois leviers sont réels et documentés dans la littérature technique : ils réduisent effectivement la consommation par requête. Il faut simplement garder en tête qu’aucun de ces chiffres n’est audité par un tiers indépendant, à la différence de ce que Mistral AI a publié pour son propre modèle (nous y revenons).

Le compteur d’arbres

Capture d ecran de la page A propos d EcoGPT montrant le compteur d arbres finances et l objectif annonce
Le compteur public d’EcoGPT : 81 512 arbres financés sur un objectif de 250 000. Capture ecogpt.com, 28 juillet 2026.

C’est le point le plus vérifiable du service, et à son crédit, il est affiché publiquement. Au 28 juillet 2026, EcoGPT annonce 81 512 arbres financés, soit 33 % de son objectif de 250 000 arbres d’ici fin 2026. Les partenaires sont nommés : Trees for the Future (environ 74 900 arbres, répartis sur trois versements) et One Tree Planted (environ 3 700 arbres, en Californie). Les certificats émis par ces associations sont mis en ligne.

81 512
arbres financés annoncés au 28 juillet 2026 (source : ecogpt.com)
1 / 100
un arbre financé pour 100 messages envoyés
4,8 / 5
note de l’application sur l’App Store français

Nommer ses partenaires et publier les certificats place EcoGPT au-dessus de la moyenne du secteur en matière de traçabilité. Deux réserves subsistent malgré tout. La première : « financer » un arbre n’est pas « planter » un arbre, et le taux de survie des plants à cinq ans varie fortement selon les programmes. La seconde : ce compteur ne dit rien de la consommation réelle du service, qui n’est mesurée nulle part.

Gratuit ou payant, et à quel prix

EcoGPT fonctionne au modèle freemium classique.

Formule Ce que vous obtenez Prix constaté (juillet 2026)
Gratuit Chat avec un plafond de messages quotidien, non chiffré publiquement par l’éditeur 0 €
Pro (mensuel) Messages illimités, réponses plus rapides, génération d’images, recherche web, mémoire, tableau de bord d’impact de 6,99 à 22,99 € par mois selon l’option
Pro (annuel) Même chose, engagement d’un an de 59,99 à 99,99 € par an

Prix relevés sur la fiche App Store française le 28 juillet 2026. Ils diffèrent des tarifs en dollars affichés ailleurs et peuvent évoluer : vérifiez avant de souscrire.


Le plafond gratuit n’est pas publié

C’est la principale zone d’ombre commerciale du service. L’éditeur parle d’un « nombre limité de messages quotidiens » sans donner de chiffre, ce qui rend impossible de comparer sérieusement son offre gratuite à celle d’un concurrent. Si votre usage est quotidien, testez avant de payer quoi que ce soit.

Est-ce fiable, est-ce du greenwashing

C’est la question qui revient le plus (« is eco gpt legit » figure parmi les recherches associées), et elle mérite une réponse en deux temps, parce que deux choses différentes sont mises en cause.

Sur la légitimité commerciale : rien d’anormal

Société identifiée, adresse de contact publique, partenaires de reforestation nommés et vérifiables auprès d’eux, certificats en ligne, applications présentes sur les boutiques officielles d’Apple et Google, note utilisateurs élevée. Aucun des marqueurs habituels d’une arnaque n’est réuni. Un examen indépendant publié en 2026 par le site spécialisé Fello AI conclut d’ailleurs que le service est « un vrai produit, d’une vraie entreprise, qui fait un vrai travail environnemental, avec de vraies limites ».

Sur la promesse écologique : la critique est fondée

Là, les objections tiennent debout, et elles circulent beaucoup sur les réseaux sociaux et les forums, y compris en français. Le reproche central est celui du déplacement du problème : planter un arbre ne fait pas disparaître l’électricité consommée ni l’eau évaporée par le centre de données. Les deux additions coexistent, elles ne s’annulent pas.

Ce qui tient

  • Traçabilité des dons supérieure à la moyenne du secteur
  • Choix de modèles ouverts, moins gourmands que les modèles de pointe
  • Prix inférieurs aux abonnements des grands assistants
  • Une entreprise réelle, joignable, avec des partenaires vérifiables

Ce qui ne tient pas

  • Aucune mesure publiée de sa propre consommation par requête
  • Aucun audit indépendant des économies revendiquées
  • La compensation par l’arbre ne réduit rien à la source
  • Qualité en retrait sur le raisonnement complexe et les images
  • Un abonnement de plus, pour un service que d’autres rendent gratuitement

Et vos conversations, elles vont où

Utiliser une surcouche revient à confier vos échanges à un intermédiaire supplémentaire, qui les transmet ensuite au fournisseur du modèle. Le raisonnement vaut pour EcoGPT comme pour toutes les applications de ce type. Avant d’installer quoi que ce soit, lisez la politique de confidentialité et évitez d’y saisir des informations sensibles. Nous détaillons les bons réflexes dans notre guide sur les données personnelles et les chatbots IA.

Ce que pèse vraiment une requête IA

Passons à la question de fond. Si vous cherchez « eco gpt », c’est probablement que vous vous demandez si votre usage quotidien de l’IA est un problème. Bonne nouvelle : depuis 2025, on dispose enfin de chiffres publiés par les éditeurs eux-mêmes. Mauvaise nouvelle : ils ne mesurent pas la même chose, et l’écart entre eux atteint un facteur 40.

Illustration line art d un cadran de mesure entoure d une ampoule et d une goutte d eau surmontee d un nuage
Trois grandeurs à suivre pour une requête IA : l’électricité, le CO2 et l’eau. Les trois se mesurent différemment.
Référence publiée Électricité CO2e Eau Périmètre
Google, invite texte médiane de Gemini (août 2025) 0,24 Wh 0,03 g 0,26 mL Usage seul, électricité achetée par Google
OpenAI, requête moyenne de ChatGPT (juin 2025) 0,34 Wh non communiqué environ 0,32 mL Usage seul, chiffre non audité
Mistral AI, réponse d’une page via Le Chat (juillet 2025) non communiqué 1,14 g 45 mL Cycle de vie complet, entraînement et matériel inclus
Estimation historique de Vries (2023) 2,9 Wh variable non estimée Extrapolation, aujourd’hui jugée trop haute

Pourquoi de tels écarts

Trois raisons, et aucune n’est un scandale :

  • Le périmètre. Google et OpenAI comptent l’électricité du serveur pendant qu’il répond. Mistral AI a mené une analyse de cycle de vie complète avec Carbone 4 et l’ADEME, selon la méthodologie Frugal AI de l’Afnor : entraînement du modèle, fabrication des serveurs, usage. Forcément plus lourd.
  • La longueur de la réponse. Une invite médiane fait quelques dizaines de mots. La référence Mistral porte sur 400 tokens, soit environ une page. Ce n’est pas la même unité de mesure.
  • Le mix électrique et la méthode de comptage du carbone. Un même calcul donne un résultat très différent selon qu’on utilise la moyenne du réseau local ou l’électricité contractualisée par l’entreprise.

Le chiffre à oublier

Vous lirez souvent qu’une requête ChatGPT consomme 3 Wh, soit dix fois une recherche Google. Cette estimation date de 2023, elle reposait sur des cartes graphiques et des modèles d’une autre génération. Google a mesuré une division par 33 de l’énergie de son invite médiane sur les douze mois précédant août 2025. Les ordres de grandeur de 2023 ne décrivent plus l’IA de 2026.

Et la génération d’images

Elle coûte nettement plus cher que le texte. L’étude de référence menée par Sasha Luccioni (Hugging Face) et Carnegie Mellon sur 88 modèles mesure une moyenne de 2,91 Wh par image, et jusqu’à 11,49 Wh pour le modèle le plus gourmand du panel, soit à peu près une demi-charge de smartphone. Un ordre de grandeur d’environ dix fois une requête texte. Si vous voulez réduire votre empreinte, c’est le premier levier.

Simulateur : votre empreinte IA de l’année

Plutôt que de trancher entre des chiffres incompatibles, ce simulateur applique deux hypothèses opposées à votre usage réel, et affiche l’écart. La vérité se situe quelque part entre les deux.

Combien pèsent vos requêtes IA sur un an

Choisissez votre rythme, puis l’hypothèse de calcul. Les résultats se mettent à jour immédiatement.

Requêtes texte par jour




Images générées par semaine




Hypothèse de calculLa borne basse reprend les mesures publiées par les éditeurs. La borne haute additionne l’analyse de cycle de vie de Mistral AI et l’estimation historique de 2023.


Votre estimation sur un an
Électricité1,6kilowattheures
Climat0,33kilo de CO2e
Eau (texte)1,4litre évaporé

Soit l’équivalent de 180 heures d’une ampoule LED de 9 W et de 2,3 km parcourus en voiture thermique. Au rythme annoncé par EcoGPT (un arbre pour 100 messages), votre usage représenterait 55 arbres financés sur l’année.

Méthode : texte, borne basse 0,24 Wh, 0,03 g CO2e et 0,26 mL par requête (Google, invite médiane de Gemini, août 2025) ; borne haute 2,9 Wh (de Vries, 2023), 1,14 g CO2e et 45 mL (analyse de cycle de vie de Mistral Large 2, juillet 2025). Images : 2,91 Wh en moyenne et 11,49 Wh au maximum (Luccioni et al.), le CO2 étant projeté au même rapport. Équivalence voiture : 142 g CO2e par kilomètre (ADEME, Impact CO2, voiture thermique moyenne, fabrication comprise). L’eau affichée ne couvre que les requêtes texte, faute de donnée publiée pour les images.

Faites l’essai avec un usage très intensif, 100 requêtes par jour et 30 images par semaine, en hypothèse pessimiste : le simulateur affiche environ 51 kg de CO2e sur l’année, l’équivalent de 362 km en voiture. Ce n’est pas rien pour un logiciel. Rapporté à l’empreinte carbone moyenne d’un Français, 8,2 tonnes de CO2e par personne en 2024 selon l’Insee et le service statistique du ministère de la Transition écologique, cela reste sous la barre du 1 %. Et en hypothèse prudente avec un usage courant, on parle de quelques centaines de grammes par an, soit l’ordre de grandeur de deux kilomètres en voiture.


Ce que cette conclusion ne dit pas

Que votre usage individuel soit marginal ne signifie pas que l’IA soit sans effet. Le problème se joue à l’échelle des infrastructures : construction de centres de données, tension sur les réseaux électriques et sur l’eau dans des régions déjà en stress hydrique. L’Autorité de régulation des communications relève d’ailleurs que la grande majorité des modèles d’IA générative ne publie aucune information environnementale. Réduire son usage personnel est utile, exiger de la transparence des éditeurs l’est davantage.

Les alternatives « IA verte » comparées

EcoGPT n’est pas seul sur ce créneau. Voici les services qui rankent sur la même requête, avec leur approche réelle. Toutes ces informations proviennent des sites des éditeurs : ce sont des promesses commerciales, pas des mesures indépendantes.

Service Approche Ce qu’il annonce Accès gratuit
EcoGPT Compensation et efficacité Un arbre pour 100 messages, modèles ouverts, cache, serveurs renouvelables Oui, plafonné
EcoChat Compensation Électricité renouvelable et plantation d’arbres à chaque conversation Oui
ChatGPTree Compensation Arbres vérifiés plantés chaque mois via Evertreen et Veritree Oui
GreenPT Efficacité et vie privée Centres de données européens, électricité 100 % renouvelable, compression des calculs Oui
Viro Compensation Chat neutre en carbone donnant accès à plusieurs modèles, financement d’énergie propre Oui
Ecosia AI Chat Compensation via le moteur Chat adossé au moteur de recherche qui finance la reforestation depuis 2009 Oui

Deux logiques s’affrontent dans ce tableau, et elles ne se valent pas. La compensation (planter, financer) agit après coup et ne change rien à la consommation. L’efficacité (modèles plus petits, centres de données mieux placés, électricité décarbonée) agit à la source. GreenPT est le seul du lot à mettre l’accent sur le second levier, avec des serveurs européens qui bénéficient mécaniquement d’un mix électrique plus propre que la moyenne mondiale.

Le réflexe le plus efficace n’est pas de changer d’application

Aucun de ces services ne divise votre empreinte par dix. En revanche, deux choix ordinaires ont un effet immédiat et gratuit :

  • Prendre le plus petit modèle qui suffit. L’écart de consommation entre un petit modèle et un grand modèle de raisonnement se compte en ordres de grandeur, bien plus qu’entre deux applications concurrentes.
  • Ne pas empiler les intermédiaires. Chaque surcouche ajoute son propre serveur, son suivi et son abonnement. Un accès direct, sans compte ni application à installer, est le chemin le plus court.

Compenser ou réduire, il faut choisir

Illustration line art d une balance a deux plateaux portant un jeune arbre en pot d un cote et une prise electrique barree de l autre
Planter et débrancher ne se remplacent pas. Seule la réduction agit sur la consommation elle-même.

C’est le point sur lequel toute la catégorie « eco gpt » se joue, et il est simple à énoncer : compenser n’est pas réduire. Un arbre financé aujourd’hui stockera du carbone sur plusieurs décennies, s’il survit. L’électricité de votre requête, elle, a été consommée en une seconde. Les deux opérations ne s’annulent pas, elles s’additionnent sur des échelles de temps sans commune mesure.

Cela ne rend pas la reforestation inutile. Cela signifie qu’un service qui compense sans jamais publier sa consommation vous vend surtout un confort moral. C’est exactement l’accusation portée par ses détracteurs, et sur ce point précis, elle porte.

Mesurer avant de choisir : l’outil public français

Capture d ecran de la page d accueil de compar IA le comparateur d intelligences artificielles conversationnelles de l Etat francais
Compar:IA, le comparateur d’IA conversationnelles de l’État français, affiche l’impact environnemental de chaque modèle. Capture comparia.beta.gouv.fr, juillet 2026.

Si vous voulez comparer sans faire confiance aux arguments commerciaux, il existe un service public conçu pour ça. Compar:IA est un comparateur d’IA conversationnelles porté par le ministère de la Culture au sein du programme beta.gouv.fr de la Direction interministérielle du numérique. Le principe : vous posez une question, deux modèles anonymes répondent, vous votez pour la meilleure réponse, puis leur identité est révélée avec leurs caractéristiques et leur impact environnemental estimé.

L’estimation s’appuie sur la méthodologie EcoLogits développée par l’association française GenAI Impact. Ouvert au public en octobre 2024, le service a dépassé les 240 000 votes et a été reconnu bien public numérique par la Digital Public Goods Alliance en novembre 2025. C’est aujourd’hui le moyen le plus accessible, en français, de voir concrètement qu’un modèle peut consommer plusieurs fois plus qu’un autre pour une réponse de qualité comparable.

7 gestes qui changent quelque chose

Classés par effet décroissant, du plus au moins efficace.

  1. Choisissez le petit modèle par défautRéservez les modes « raisonnement » ou « recherche approfondie » aux questions qui les méritent vraiment. C’est de loin le levier le plus puissant, et il ne coûte rien.
  2. Générez moins d’imagesUne image pèse environ dix fois une requête texte. Décrivez précisément ce que vous voulez du premier coup au lieu d’enchaîner cinq variantes.
  3. Soignez votre première demandeUn prompt clair évite trois allers-retours. Chaque relance est une requête complète de plus. Nos modèles de prompts en français sont faits pour ça.
  4. Arrêtez de demander à une IA ce qu’un moteur fait mieuxPour un horaire, une adresse ou une conversion d’unités, une recherche classique est plus rapide, plus fiable et infiniment moins gourmande.
  5. Coupez les fils de discussion trop longsUn modèle relit tout l’historique à chaque message. Une conversation de cinquante tours coûte beaucoup plus cher que cinq conversations de dix.
  6. Évitez d’empiler les applicationsUne surcouche de plus, c’est un intermédiaire de plus, un abonnement de plus et vos données qui voyagent davantage. Un accès web direct suffit dans la plupart des cas.
  7. Préférez les services qui publient leurs chiffresC’est le seul signal qui force le secteur à s’améliorer. Un éditeur qui publie une analyse de cycle de vie prend un risque, contrairement à celui qui se contente d’un compteur d’arbres.

Le geste que personne ne mentionne

Ne réinstallez pas cinq assistants pour comparer. Chaque téléchargement, chaque compte créé et chaque essai gratuit sur un service que vous abandonnerez génère bien plus de trafic et de calcul qu’une semaine de conversations normales. Testez sur le web, gardez ce qui vous sert.

Questions fréquentes

C’est quoi Eco GPT ?

EcoGPT est un assistant IA conversationnel, disponible sur le web et en application mobile, édité par la société américaine EcoGPT, Inc. Il s’appuie sur des modèles de langage ouverts et reverse une partie de ses revenus à des programmes de reforestation, à raison d’un arbre financé pour 100 messages échangés. Le terme « eco gpt » désigne aussi, plus largement, la catégorie des chatbots IA qui se présentent comme écologiques.

Eco GPT est-il gratuit ?

Oui, dans une version limitée. L’accès gratuit donne droit à un nombre de messages quotidien plafonné, que l’éditeur ne chiffre pas publiquement. L’abonnement Pro lève cette limite et ajoute la génération d’images, la recherche web et la mémoire, pour un tarif compris entre 6,99 et 22,99 € par mois selon la formule relevée sur l’App Store français en juillet 2026.

Eco GPT est-il respectueux de l’environnement ?

En partie. Le service utilise des modèles ouverts moins gourmands que les modèles de pointe et finance des plantations vérifiées, ce qui est mieux que rien. Mais il ne publie aucune mesure de sa propre consommation par requête, et planter un arbre ne supprime pas l’électricité ni l’eau déjà consommées. Il compense, il ne réduit pas. Pour réduire réellement, choisissez un petit modèle, générez moins d’images et limitez les allers-retours.

EcoGPT utilise-t-il ChatGPT ou les modèles d’OpenAI ?

Non. Malgré les lettres « GPT » dans son nom, EcoGPT n’a aucun lien avec OpenAI. Son éditeur indique s’appuyer sur des modèles ouverts issus des familles Llama, Mistral, Qwen et DeepSeek, avec une architecture qui n’active qu’une fraction des paramètres à chaque réponse. Le sigle GPT est devenu un nom commun repris par des services sans rapport entre eux.

Eco GPT est-il fiable, ou est-ce une arnaque ?

Aucun marqueur d’arnaque n’est réuni : entreprise identifiée, contact public, partenaires de reforestation nommés (Trees for the Future, One Tree Planted), certificats de plantation en ligne, applications présentes sur les boutiques officielles. Les critiques qui circulent visent la promesse écologique, jugée trop belle, pas la réalité du service ni des versements. Restez néanmoins prudent avec vos données personnelles, comme avec toute application tierce.

Quelle est l’IA la plus écologique ?

Il n’existe pas de classement officiel, mais trois critères permettent de trancher : la taille du modèle utilisé (plus il est petit, moins il consomme), la localisation des centres de données (l’électricité européenne est nettement moins carbonée que la moyenne mondiale) et la transparence de l’éditeur. Pour comparer concrètement, le comparateur public Compar:IA affiche l’impact environnemental estimé de chaque modèle pour une même question.

Combien consomme une requête ChatGPT ?

Les chiffres publiés en 2025 donnent un ordre de grandeur de 0,24 à 0,34 wattheure par requête texte courante, soit quelques minutes d’une ampoule LED. Les estimations beaucoup plus élevées que l’on lit encore, autour de 3 wattheures, datent de 2023 et reposent sur du matériel obsolète. En revanche, une analyse de cycle de vie complète, qui inclut l’entraînement du modèle et la fabrication des serveurs, aboutit à des valeurs bien supérieures, ce qui explique les écarts entre publications.

Comment contacter EcoGPT ?

L’éditeur indique une adresse de courriel de contact, team@ecogpt.com, ainsi qu’un numéro de téléphone américain sur son site. Pour une question de facturation liée à un abonnement souscrit sur mobile, passez plutôt par la gestion des abonnements de l’App Store ou du Play Store, qui traite directement les remboursements.

Ce qu’il faut retenir

« Eco GPT » n’est ni une arnaque ni une révolution. EcoGPT est une application honnête sur ce qu’elle fait, très discrète sur ce qu’elle consomme, et dont la promesse repose entièrement sur la compensation. Autour d’elle gravite une petite industrie qui vend le même apaisement, avec des degrés de sérieux variables.

Le vrai enseignement est ailleurs. Une requête texte ordinaire coûte à peu près autant qu’une ampoule allumée quelques minutes, très loin des chiffres alarmistes qui circulent encore. Ce qui pèse, ce sont les images générées en série, les modes de raisonnement lancés pour rien et les conversations interminables. Aucune application « verte » ne corrigera ces habitudes à votre place, et vous n’avez besoin ni d’un abonnement supplémentaire ni d’une application de plus pour les changer.

Discuter avec une IA, sans compte ni application

Notre chat GPT en français est gratuit, s’ouvre directement dans le navigateur et ne demande aucune inscription. Un intermédiaire de moins, un abonnement de moins.

Essayer sans inscription

Pour aller plus loin, notre guide de référence détaille comment utiliser ChatGPT en français gratuitement, et nous passons en revue les modes d’accès, limites et alternatives ainsi que ce qu’un chatbot IA ne sait pas faire.

Sources principales : ecogpt.com (pages À propos et FAQ, consultées le 28 juillet 2026) ; fiche App Store française de l’application ; Google, « Measuring the environmental impact of delivering AI at Google Scale », août 2025 ; déclaration de Sam Altman sur la consommation moyenne de ChatGPT, juin 2025 ; analyse de cycle de vie de Mistral Large 2 menée avec Carbone 4 et l’ADEME, juillet 2025 ; Luccioni et al., « Power Hungry Processing », sur la consommation par tâche ; Alex de Vries, revue Joule, 2023 ; ADEME, Impact CO2 ; Insee et service statistique du ministère de la Transition écologique pour l’empreinte carbone moyenne 2024 ; comparia.beta.gouv.fr et la méthodologie EcoLogits de GenAI Impact.

Information générale à but pédagogique. Les tarifs, plafonds et chiffres d’impact cités évoluent vite : vérifiez-les auprès des éditeurs avant toute décision d’abonnement.

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